La Thaïlande durcit fortement sa politique sur le cannabis : plus de 7 000 boutiques contraintes de fermer
- 6 févr.
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Après une période de libéralisation rapide et parfois chaotique, la Thaïlande opère un virage majeur dans sa politique sur le cannabis. Fin 2025 et début 2026 marquent un retour à un cadre beaucoup plus strict : plus de 7 000 boutiques de cannabis ont fermé à travers le pays, incapables de se conformer aux nouvelles règles imposées par les autorités.
Un changement brutal qui a pris de court de nombreux petits entrepreneurs, souvent lourdement investis depuis la dépénalisation de 2022.

Une vague de fermetures sans précédent
Selon les données du ministère thaïlandais de la Santé publique arrêtées au 28 décembre 2025, 18 433 boutiques de cannabis étaient officiellement enregistrées à l’échelle nationale.Mais parmi elles, 8 636 licences arrivaient à expiration en 2025.
Le chiffre est révélateur : seules 1 339 boutiques, soit environ 15,5 %, ont renouvelé leur licence. Les 7 297 autres ont préféré fermer, faute de pouvoir ou de vouloir s’adapter aux nouvelles exigences. Résultat : début 2026, la Thaïlande ne compte plus que 11 136 cannabis shops en activité.
Des pertes financières colossales pour les petits entrepreneurs
Les experts estiment que ces fermetures représentent des dizaines de millions de bahts de pertes cumulées.Les investissements concernés sont multiples : loyers commerciaux, rénovations, vitrines sécurisées, équipements, stocks, salaires du personnel, frais administratifs…
Beaucoup de ces boutiques avaient été créées après le 9 juin 2022, date à laquelle la Thaïlande avait surpris le monde entier en dépénalisant le cannabis, devenant le premier pays d’Asie du Sud-Est à le faire. À l’époque, l’État avait encouragé l’entrepreneuriat, laissant le marché se développer rapidement — parfois trop rapidement.
Un changement politique clair et assumé
Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement dirigé par le parti Pheu Thai, la ligne a radicalement changé.Les autorités ont décidé de mettre fin à l’usage récréatif du cannabis, désormais à nouveau interdit, et de limiter strictement son utilisation à des fins médicales et de recherche.
Ce retour en arrière marque la fin de ce que beaucoup appelaient la période du « Far West » du cannabis en Thaïlande, où les règles étaient floues, peu contrôlées et appliquées de manière inégale selon les provinces.
Des exigences devenues impossibles à tenir pour beaucoup
Parmi les nouvelles règles, l’une des plus contraignantes concerne l’obligation pour chaque boutique de cannabis de disposer sur place d’un praticien agréé ou enregistré en médecine traditionnelle thaïlandaise.
Cette exigence pose plusieurs problèmes majeurs :
coût salarial élevé pour les petites structures,
pénurie de professionnels qualifiés,
complexité administrative pour l’enregistrement et le suivi.
Pour de nombreux commerçants, cette contrainte a rendu l’activité économiquement non viable, surtout dans un contexte de baisse de fréquentation et d’incertitude réglementaire.
Vers un modèle strictement médical
Depuis février 2026, le ministère thaïlandais de la Santé publique applique officiellement un cadre “medical-only”, criminalisant de nouveau l’usage récréatif du cannabis.L’objectif affiché est clair :➡️ mieux contrôler la distribution,➡️ limiter les abus,➡️ recentrer l’usage sur des indications thérapeutiques précises.
Les autorités souhaitent également améliorer l’image du pays à l’international, après plusieurs critiques liées à la banalisation du cannabis dans certaines zones touristiques.
Ce que cela change pour les voyageurs et expatriés
Pour les visiteurs et les résidents étrangers, le message est désormais sans ambiguïté :
la consommation récréative n’est plus tolérée,
les contrôles sont renforcés,
les sanctions peuvent être lourdes en cas d’infraction.
Même si certaines boutiques restent ouvertes, leur activité est strictement encadrée et réservée à un usage médical conforme à la loi.
Une leçon sur l’évolution rapide des lois en Thaïlande
Cette situation rappelle une réalité essentielle : la réglementation en Thaïlande peut évoluer très vite, parfois dans des directions opposées.Ce qui était autorisé hier peut être fortement restreint aujourd’hui.
Pour les entrepreneurs comme pour les expatriés, cela souligne l’importance de :
ne jamais se fier uniquement aux pratiques locales,
vérifier régulièrement les lois en vigueur,
et rester prudent face aux tendances perçues comme “acquises”.
Une nouvelle phase pour le cannabis en Thaïlande
La fermeture de plus de 7 000 cannabis shops marque la fin d’un cycle. La Thaïlande entre désormais dans une phase plus réglementée, plus médicale et beaucoup moins permissive.
Si certains y voient un retour à l’ordre nécessaire, d’autres dénoncent une transition brutale aux conséquences économiques importantes. Une chose est sûre : le cannabis ne sera plus, à court terme, un secteur libre et facile d’accès dans le royaume.




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